Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 07:21

     

                          Trouvé, dans Le Parisien, un très bel amorçage de stéréotype raciste à l'encontre des femmes blondes dans un article soi-disant anti-raciste.

 

                 De la belle ouvrage, toute en finesse et avec un culot d'hypnotiseur de foire.

 

                         Le lecteur attentif remarquera que l'article désigne deux coupables par nature :

 

- La société française, qui constitue "un sombre tableau", "raciste au plus profond" où la parole raciste et xénophobe se libère, etc etc...  Un vrai pays de cauchemar ! Bref, l'ensemble de la doxa obligatoire depuis les années 80, que nous avons tous avalé ad nauseam.

 

- Et, enfin, ces mystérieuses (1) "jeunes femmes blondes" venues on ne sait comment dans le texte, et dont l'arrivée se trouve accompagnée de signes funestes : Cohabitation des communautés fragilisée, parole raciste gagnant du terrain, durcissement de la parole, société en plein doute, etc... Le contexte devient lourd  de menaces angoissantes. Dans ce  cadre de références lugubres, le  lecteur lambda enregistrera une fois de plus que les blondes ont des effets négatifs sur les autres, comme si un champ d'énergie  malveillant les entourait. Leur seule proximité provoque des choses regrettables, sinon des catastrophes, d'une maniére tellement fréquente que cela ne peut être dû au hasard.  

 

(Sur les "blondes maléfiques", cf. http://semeiologia.over-blog.fr/article-blonde-et-malefique-106274882.html  et   http://semeiologia.over-blog.fr/article-d-72931602.html )

 

                      En fait, sans que cela soit clairement perçu, ce texte est organisé comme un syllogisme, comme un systéme pervers où les signifiants se répondent et se justifient les uns les autres :

 

1- La société française est coupable et raciste

2- Les blondes font partie de la société française, elles sont  comme une métaphore idéale de la "race blanche autochtone".

3- Donc, les blondes sont (très) coupables et (très) racistes.

 

Le syllogisme, déjà très persuasif,  se trouve confirmé encore davantage par le fait que lorsque les "jeunes femmes blondes" croisent des femmes voilées, "la parole se durcit" .

 

(Sur le rôle de l'antiracisme dans la détestation des blondes, cf. http://semeiologia.over-blog.fr/article-antiracisme-anti-blond-114715968.html )

 

                   On notera enfin que la seule description physique dans le texte vise exclusivement les "jeunes femmes blondes", comme pour mieux donner un signalement des fauteuses de trouble au reste de la population.

 

 

(1) Pourquoi jeunes ? Pourquoi femmes ? Pourquoi blondes ?

Imaginons la même phrase avec d'autres catégories telles que : Vieilles femmes chauves, homme vieux et roux, adolescents crépus, hommes frisés châtain, femmes rousses de 40 ans, hommes blonds et vieux, etc... Que veut nous dire ce coup de projecteur sur une minuscule minorité dans ce pays et sur cette petite planéte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité >

Pourquoi la parole raciste gagne du terrain

Chez les politiques, dans la rue, les médias, sur Internet, les insultes xénophobes fusent. Signe d’une société en plein doute…

Charles de Saint Sauveur et Henri Vernet | Publié le 06.11.2013, 18h44

 

 

 

 

Ici à Amiens (Somme) comme ailleurs, où des jeunes femmes blondes croisent des femmes voilées, où toutes les communautés cohabitent, la parole d'est durcie à l'égard des «étrangers».

Ici à Amiens (Somme) comme ailleurs, où des jeunes femmes blondes croisent des femmes voilées, où toutes les communautés cohabitent, la parole d'est durcie à l'égard des «étrangers».

 

 

 

 

Mais qu’arrive-t-il à la France qui célébrait joyeusement, sans arrière-pensées, le triomphe de son équipe de foot black-blanc-beur un soir de juillet 1998? Aujourd’hui, les anathèmes voire les insultes racistes fusent de partout. Proférées par des fillettes qui traitent de « guenon » la garde des Sceaux, Christiane Taubira, en brandissant des bananes en marge d’une récente manif anti-mariage gay; gravées sur la page Facebook d’une candidate FN aux municipales, qui compare la même Taubira à un singe (ce qui a provoqué la démission hier d’une candidate FN d’origine algérienne en Haute-Garonne); inscrites en une de magazines qui multiplient les dossiers alarmistes sur « l’invasion » de l’islam en France; dans les propos d’élus de la République qui s’en prennent ouvertement aux Roms, nouveaux boucs émissaires d’une société au bord de la crise de nerfs.

59% des Français estiment que le racisme a progressé

Liste loin d’être exhaustive, à laquelle pourraient s’ajouter les innombrables sorties sur les musulmans, les Roms ou les juifs, émanant parfois de ténors censés maîtriser leur parole publique, de Copé avec ses pains au chocolat à Mélenchon s’en prenant en termes ambigus à Moscovici, en passant par Valls et ses polémiques à répétition… Pour des Français en pleine crise économique, en désarroi identitaire face à une mondialisation jugée de plus en plus menaçante, la parole raciste n’est plus taboue. En tout cas, elle s’est décomplexée. Selon un sondage OpinionWay pour la Licra, paru le mois dernier à l’occasion des trente ans de la Marche des Beurs, 59% des Français estiment d’ailleurs que le racisme a progressé ces trois dernières décennies. Figure emblématique de la réussite sociale des Noirs de France, le présentateur télé Harry Roselmack déplorait hier, dans une tribune au « Monde », le retour au quotidien d’un certain racisme « au plus profond de la société française ». Sombre tableau. D’autant plus désespérant si l’on se souvient que le candidat François Hollande prétendait justement apaiser le pays. Parmi ces promesses figurait même la suppression du mot race» dans notre Constitution. Las, un an et demi après son élection à l’Elysée, il n’en est toujours rien. Une certitude, son discours demain pour lancer le centenaire de la Grande Guerre de 1914-1918 sera empreint de cette nécessité de retrouver le goût du « vivre ensemble », une formule qu’il répète à l’envi ces derniers mois. Car cet incorrigible optimiste est convaincu que rien n’est perdu.

« Je n’ai pas l’impression que la société soit plus raciste, au contraire : la France est championne du monde des couples mixtes! » se réjouit le député PS Malek Boutih. Lequel constate, en une drôle de formule, que « les Français aiment bien l’immigré… mais pas l’immigration ». L’ancien président de SOS Racisme pointe un paradoxe : « Naguère, les gens retenaient plus leur langage, mais les actes racistes étaient plus violents et les discriminations plus prégnantes. » Bien des préjugés qui existaient il y a encore vingt ou trente ans sont inconnus des jeunes générations, habituées à une France métissée. La France d’aujourd’hui…

Le Parisien.

 

 

 

 

 

 

Le coin de la lectrice :

 

 

 

 

 

 

"Parole durcie ? Parole durcie ? Est-ce que j'ai une tête de parole durcie ?"                                     Emilie, célibataire, vétérinaire dans le Cantal.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by semeiologia
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Blondes et respectables
  • Blondes et respectables
  • : Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
  • Contact

Referencement

Paperblog

 

Blog

 

 

 

Recherche