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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 18:17

                      Texte affligeant, dégoulinant de diverses névroses mal soignées où un plumitif gorgé de haine utilise une caractéristique physique pour discréditer une ennemie politique; où la blondeur devient une insulte, où l'attaque ad mulierem, ou plutôt ad personam devient la régle,  et où un évadé d'asile nous fait la leçon.

 

                  On rapprochera utilement cet article avec ceux compilant la haine de l'extrême gauche pour la blondeur, tels que ceux traitant du cas  Mélenchon, ici http://semeiologia.over-blog.fr/article-melenchon-est-il-raciste-103169053.html.  et là  également

http://semeiologia.over-blog.fr/article-le-racisme-pathologique-de-melenchon-suite-2-114143654.html

 

                     Alors, à votre avis, chers lecteurs du blog,  Benoît Rayski est-il  :

      1 - Raciste et pervers ?

      2 - Stupide et pervers ?

      3 -  Raciste, stupide et pervers ?

 

                       IMPORTANT  La bonne réponse sera communiquée à tous les gagnants de ce grand jeu - Réglement déposé chez Maître Folace, Paris 8éme,  qui vous sera envoyé contre un chéque de 50.00 € + frais de port .

 

 

 

 

 

Marion Maréchal-Le Pen élue (triomphalement) au Comité central : les hommes du FN préfèrent les blondes...

 

Benoît Rayski

 

 

Elle n'a que 25 ans. C'est elle qui est arrivée en tête de tous les candidats au Comité Central du parti frontiste. Et ça a du sens.

Chaud
Publié le
Marion Maréchal-Le Pen élue (triomphalement) au Comité central : les hommes du FN préfèrent les blondes...

 

Les élections au sein du Front National ne sont certes pas un concours de beauté. Mais force est de constater qu'il y a désormais une miss FN... Et ce titre revient à Marion Maréchal qui a distancé tous ses rivaux (pas de rivales hélas). Selon son grand-père le fait qu'elle soit jolie n'a pas été pour rien dans ce beau résultat. Pour une fois – et pour une fois seulement – nous ne pouvons qu'être d'accord avec Jean-Marie le Pen.

Mais la victoire de Marion Maréchal ne peut être analysée uniquement en fonction de considérations badines sur son physique. Tout d'abord elle balaye utilement les viles rumeurs sur la présence influente d'un lobby gay dans les instances dirigeantes du parti.

Rumeurs renforcées par l'absence de Marine le Pen et d'autres hiérarques du FN lors des manifestations anti-mariage pour tous. Ouf ! Tout va bien car est enfin administrée la preuve éclatante que les militants frontistes sont ardemment et passionnément hétérosexuels.

Il convient ensuite de noter que les frontistes, souvent caricaturés sous l'aspect d'affreux beaufs, sont à l’évidence de raffinés esthètes. Regardez les têtes de Florian Philippot et de Louis Aliot, surclassés par Marion Maréchal, et vous comprendrez. Il n'y a que Marine le Pen qui en pince pour Louis Aliot...

 

Ne négligeons pas non plus la mise en évidence du fait que Marion Maréchal est l’héritière idéologique de son grand-père. Ce dernier, selon une formule dont il a le secret, préfère sa cousine à sa voisine. Marion Maréchal, fidèle entre les fidèles, préfère son grand-père à sa tante. Elle est droite (très, très à droite) dans ses bottes qu'on suppose, dans son cas, être des cuissardes. Elle l'a montré en se rendant, elle, à la Manif pour tous. Sur l'immigration elle donne de la voix alors que sa tante, soucieuse de respectabilité, fait dans le chuchotement. En votant pour elle les militants ont prouvé qu'ils n'avaient pas ce genre de complexes.

Enfin Marion Maréchal est blonde. Certes Marine le Pen l'est aussi mais les quelques années qui la séparent de sa nièce ont enlevé quelques éclats à sa blondeur. Au FN on sait reconnaître et apprécier, le vrai blond, celui qui ne ment pas. Est ce qu'ils sont blonds Philippot et Aliot ? Ainsi le vote en faveur de Marion Maréchal signe la fin d'une période molle et consensuelle quand le FN faisait feu de tout bois pour se laver des accusations de racisme.

On se souvient d'une très célèbre et très sexy affiche électorale du Front National (voir ci-dessous). On y voyait une jeune et jolie antillaise portant un jean taille basse, suffisamment basse pour qu'on voit son nombril et le haut de sa culotte ! Cette soumission aux diktats de la mode bobo n'a plus lieu d’être. Dorénavant c'est Marion Maréchal qui posera pour les affiches du FN. Dans la même tenue ?


 

 

 

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 16:40
         
 
                   La polémique qui a éclaté à propos de "Barbie  ingénieur informatique" peut se lire sur deux niveaux, le premier intrinséque au livre, le deuxiéme sur la polémique elle-même.
                    Dans le livre en question, on peut noter que Barbie  n'est pas très douée, ce que reléve la blogueuse à l'initiative du "scandale". Elle se cantonne d'elle même à des tâches "féminines", laissant la part technique, voire noble,  aux garçons.
                Mais on relévera également que deux femmes se partagent le premier plan, toutes deux avec de forts stéréotypes que ne voit pas notre blogueuse, si prompte à l'indignation:

 

             - Barbie, blonde aux yeux bleus, pas très douée, à la limite de la stupidité,  qui détraque les ordinateurs dans un halo de malfaisance involontaire (Sur les blondes maléfiques, cf http://semeiologia.over-blog.fr/article-blonde-et-malefique-106274882.html   ou bien  http://semeiologia.over-blog.fr/2014/01/stephen-king-est-il-raciste.html). Le personnage réactive en fait le stéréotype  racial de la blonde stupide.

                                                                      

             -  Mme Smith, autrement dit Mme Tout-le-monde, qui est professeur et qui enseigne Barbie, qui fait donc partie des "sachants",  est brune aux yeux sombres
 
            De même, on peut noter que le tabou interdisant de représenter un couple où les deux sont blonds aux yeux bleus est là aussi scrupuleusement respecté. A ce sujet, cf. également  http://semeiologia.over-blog.fr/article-cliches-racistes-dans-la-pub-120153881.html

 

 

           Bref, cette polémique virale sur le sexisme supposé de ce livre peut  être considérée comme une diversion, un leurre jeté pour capter l'attention et dissimuler  une insulte raciale que l'on a appris à ne plus voir.

 

 

                       

 
 
 
 
Actualités Politique, Monde, Economie et Culture - L'Express
Barbie ne sait pas coder: excuses publiques pour Mattel, accusé de sexisme

Par , publié le

Le livre "Barbie ingénieure informaticienne", au lieu de montrer aux petites filles qu'une femme pouvait travailler dans l'informatique, insinuait qu'elle avait besoin des hommes pour coder. La protestation des internautes a fait plier Mattel. 

Barbie ne sait pas coder: excuses publiques pour Mattel, accusé de sexisme

 

Barbie ingénieure informaticienne, pas si féministe que ça !

 

Random House Books for Young Readers

Nouvel épisode d'indignation collective sur internet. Cette fois, la cible s'appelle Barbie. Une internaute, tombée par hasard sur le livre pour enfants Barbie, Je peux être...ingénieure informaticienne, emballée par l'idée d'une démonstration des capacités fémininies dans un métier vu comme masculin, a entrepris de le lire... et de publier ses commentaires sur son blog. Dans cet ouvrage, Barbie entreprend de développer un jeu pour enfant, qui leur apprendrait à se servir d'un ordinateur. Hélas ! Barbie a systématiquement besoin de ses amis garçons dès qu'il s'agit de mettre les mains dans le camboui. 

"Jai besoin de Steven et Brian pour que ce soit un vrai jeu", explique Barbie, qui à l'occasion s'avère aussi suffisamment légère pour infecter l'ordinateur de sa copine avec un virus. Malheur... Le hashtag #feministhackerbarbie ("barbie hacker féministe") était né, et les internautes se sont amusés à réécrire l'histoire pour la rendre plus égalitaire. 

Le livre a été retiré de la vente

Sur Facebook, Mattel, propriétaire de la marque Barbie, s'est fendu d'un mot d'excuse: "Nous pensons que les filles devraient pouvoir croire que tout est possible et qu'elles vivent dans un monde sans limites. Nous nous excusons pour ce livre qui ne reflète pas cette conviction." La société a décidé de retirer l'ouvrage de la vente. Elle ajoute que le livre a été publié en 2010 et que depuis, la collection a été retravaillée.  

N'empêche. Alors que cette collection "Barbie, Je peux être..." est censée montrer aux petites filles qu'elles peuvent faire le métier de leur rêve, à part Barbie ingénieure, tous les autres tomes baignent dans le cliché : Je peux être...pédiatre, cavalière, institutrice, vétérinaire, ballerine, gymnaste, pâtissière... Oui, merci Barbie, ça on savait déjà. Sur Amazon.com, on tombe alors sur Barbie, Je peux être...présidente. Intéressant ! Sauf que ce n'est pas le poste de présidente des Etats-Unis. Barbie se présente aux élections pour être... déléguée de sa classe


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/barbie-ne-sait-pas-coder-excuses-publiques-pour-mattel-accuse-de-sexisme_1624575.html#84E2QBrD2pFjteCB.99

 

 

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 18:51

 

 

 

 

                 Un sympathique lecteur nous envoie le lien ci-dessous , où un animateur  particulièrement répugnant trouve à propos de faire lire à son invité des blagues racistes sur les personnes blondes. On peut trouver étonnant qu'une grande radio généraliste comme Europe 1 accepte de cautionner des propos discriminatoires et insultants envers une minuscule minorité dans ce pays.

 

C'est vrai que maintenant qu'il le dit ...

 

 

 

           On peut donc se poser légitimement la question : Cyril Hanouna est-il raciste ou juste haineux  envers certaines femmes ?

 

 

 

 

 

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Duel de Blagues sur les Blondes

duel de blagues

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Duel de Blagues sur les Blondes

Publié à 20h32, le 28 octobre 2014, Modifié à 20h32, le 28 octobre 2014

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Foucault et Jean-Marie Bigard s’affrontent dans un duel de blagues.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 17:11

          Nous avons déjà vu que ce journal détenu par la famille Baylet poursuit une campagne de dénigrement sur plusieurs registres contre les personnes blondes.

cf. http://semeiologia.over-blog.fr/2013/12/racisme-subtil-par-la-d%C3%A9p%C3%AAche-du-midi.html

 

 

          En plus d'être un des seuls médias importants en France à publier des "blagues blondes" réguliérement, il associe systématiquement les images de personnes blondes à des circonstances dépréciatives, négatives ou angoissantes.

cf. http://semeiologia.over-blog.fr/2013/11/jean-nicolas-baylet-est-il-raciste.html

 

          C'est ainsi que dans l'article ci-dessous qui rend compte d'une situation mondiale particuliérement dramatique, la photo d'illustration nous présente une jeune femme blonde,  à l'expression douloureuse, comme si elle venait tout juste de recevoir une bonne correction.

 

          Rappelons tout d'abord que les femmes blondes au teint clair représentent une toute petite minorité sur cette petite planéte, moins de 1 % de la population mondiale. De plus, le corps de l'aticle parle principalement de l'Afrique et du monde musulman . 

 

         Nous sommes bien en présence d'une stratégie de propagande particulièrement vicieuse de la part de ce torchon journalistique , et qui de plus se déroule sur un temps long, ce qui démultiplie son efficacité en imposant volens nolens ce stéréotype discriminatoire à l'ensemble de son lectorat.

 

       

 

 

 

Violences sexuelles : 93% des agressions sont conjugales

,

Actu Santé

Violences sexuelles : 93% des agressions sont conjugales
Violences sexuelles : 93% des agressions sont conjugales

Dans le monde, 1 femme sur 3 a été victime de violences conjugales au moins une fois dans sa vie. Dévoilé le jeudi 20 novembre dans la revue américaine The Lancet, ce chiffre édifiant rappelle trois urgences : mieux détecter les situations à risque, renforcer la prise en charge des femmes et jeunes filles vulnérables et inciter les autorités à renforcer leurs interventions sur le terrain.

Cette dernière décennie, les autorités sociales et sanitaires ont certes pris conscience de l’urgence à aider les femmes victimes de violences. De plus en plus, des textes de loi s’emparent de cette problématique. Le tissu associatif intervenant auprès des victimes ne fait que s’étendre. Mais ces progrès ne permettent pas d’enrayer ce fléau.

« Malgré l’intention générale portée par la société sur cette question, le taux de femmes confrontées à ces agressions ne cesse de prendre de l’ampleur », décrivent par ailleurs les auteurs de la synthèse d’études publiée dans The Lancet. Ainsi, à travers le monde, un tiers des femmes a déjà été victime de sévices, perpétrés par leur partenaire. « Dans 7% des cas répertoriés, l’agression physique et/ou sexuelle provenait d’un parfait étranger ».

Trois millions d’Africaines mutilées

Entre 100 et 140 millions de femmes auraient subi une mutilation génitale. « Parmi ces victimes, 3 millions vivent en Afrique ». Par ailleurs, pas moins de 70 millions de mineures – victimes de manipulation morale – ont été mariées précocement et de force.

Un bilan des plus rudes, et pourtant ces chiffres seraient bien en deçà de la réalité. Dans les pays développés notamment, beaucoup d’agressions passent inaperçues. Victimes souvent envahies par la peur, nombreuses sont les femmes qui n’osent pas dénoncer leur agresseur, et restent dans le silence. Raison pour laquelle il est urgent de « lutter pour l’égalité des genres afin d’aider les femmes exposées à cette discrimination trop souvent invisible ».

Mais certains obstacles perdurent. Les ressources financières manquent pour que les médecins et les acteurs sociaux (assistants sociaux, psychologues…) viennent effectivement en aide à toutes les femmes. Enfin, « la plupart des gouvernements ne se donnent pas suffisamment les moyens d’intervenir », expliquent les experts de l’OMS. « Des textes sont écrits, mais il faut maintenant investir sur le long terme : consacrer un budget suffisant afin de prévenir le risque de violences et mieux accompagner les victimes ».

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 18:37

 

 

jalousie

"Qu'est ce que je pourrais bien trouver pour humilier cette blondasse ? je la hais !"

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 13:20

                   Un intéressant article de nos chers amis belges, ici http://www.lavenir.net/

 

 

 

Les blagues sur les blondes pas encore punissables !
  • Source: lavenir
  • Jean-Jacques GUIOT
 
Les propose grivois pourront bientôt se retrouver devant le juge, amendes à l’appui.

Les propose grivois pourront bientôt se retrouver devant le juge, amendes à l’appui.

 
 

Sur le même sujet

 
Finies les injures sexistes. Vous pourriez casquer! Voire vous retrouver derrière les barreaux. Mieux vaut ne pas se lâcher sur le net!

«Ta nomination, c’est une promotion canapé», voilà un propos public grivois qui vaudra bientôt l’occasion de se retrouver devant le juge. Et cela pourrait coûter un os au contrevenant.

Au milieu des vacances, une nouvelle loi vient d’entrer en vigueur, elle lutte et condamne le sexisme.

Un comportement qui peut être puni d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an de prison et d’une amende de 50 à 1000 euros. Vous avez bien lu!

Ce 3 août a pris cours une adaptation du code pénal. Par le biais de la loi du 22 mai 2014, le législateur introduit la notion de «sexisme».

La loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre la discrimination entre les femmes et les hommes, a, elle aussi été adaptée. Enfin, pour certains!

D’autres parlent déjà d’une nouvelle législation liberticide.

Sexisme?

Qu’entend-on par sexisme? «Tout geste ou comportement qui, dans les circonstances visées à l’article 444 du Code pénal, a manifestement pour objet d’exprimer un mépris à l’égard d’une personne, en raison de son appartenance sexuelle, ou de la considérer, pour la même raison, comme inférieure ou comme réduite essentiellement à sa dimension sexuelle ». Attention donc, hommes et femmes s’en retournent dos-à-dos. Fini à l’audience, d’accuser le père de ses enfants en lui lançant: «Un mec n’est pas foutu de langer un gosse, c’est à moi la garde.»

Pas mieux de traiter son voisin de «tapette» sur le web. Le faire de façon publique et incontestable est un prérequis. Le défouloir sur Twitter et Facebook pourrait coûter cher.

Bien sûr, il s’agira de prouver qu’il y a une véritable intention de nuire à une ou des personnes. Ajoutons «que le législateur a prévu une adaptation de la loi de 2007 tendant à lutter contre la discrimination entre les femmes et les hommes. Actuellement, cette loi ne sanctionne que l’incitation à la discrimination et non pas l’acte discriminatoire proprement dit.» Ce qui avait tout d’un paradoxe.

Les machos pourront néanmoins encore se régaler de vannes salaces sur les blondes, cela n’est pas visé. Tout comme la «publicité sexiste» qui est exclue. Pas de crainte pour la boîte de com' de la récente pub Renault d’être poursuivie. «Il doit s’agir d’une atteinte grave à la dignité», écrit Steven Bellemans de l’agence de presse Kluwer dans JURA.

En tout cas, il sera intéressant de voir comment les parquets poursuivront ou pas en l’absence de jurisprudence. Comme dit la pub, pour que «les hommes sachent pourquoi».

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 07:23

                 Mais bien sûr les blagues blondes restent permises (On a eu chaud !)

 

 

 

                 Voici donc l' article de http://www.nextinpact.com/

 

 

 

Les intermédiaires techniques, futurs arbitres des blagues sur les blondes

Quid des brunes ?

Le projet de loi sur « l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » est en passe de terminer sa course parlementaire. En Commission mixte paritaire, chargée d’arbitrer le texte entre l’Assemblée nationale et le Sénat, députés et sénateurs ont donné les derniers coups de truelle à l’édifice qui va accentuer la responsabilité des intermédiaires.

Najat Vallaud-Belkacem

 

Dans le bras de fer entre les députés et les sénateurs, c’est finalement les premiers qui l’ont emporté. La Commission mixte paritaire (CMP) a validé l’obligation prochaine pour les intermédiaires techniques de mettre en place un dispositif d’alerte afin que quiconque puisse leur signaler les abus de la liberté d’expression en ligne (article 17 du projet de loi).

 

Si à ce jour, ce dispositif ne concerne que les contenus pédophiles, négationnistes ou racistes, les parlementaires et Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes, comptent bien y ajouter les contenus appelant « à la haine à l'égard de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap ». Par contre la CMP n’a pas souhaité ajouter à la liste des signalements possibles ce que proposait le Sénat, à savoir le signalement des vidéos de happy slapping.

C'est l'histoire d'une blonde...

Hors happy slapping, ces contenus pourront en tout cas être signalés à tous les FAI et hébergeurs, lesquels devront transmettre ces messages à Pharos, la plateforme gérée par l’office central contre la criminalité. Ils devront également empêcher l’accès aux écarts de langage « manifestement illicites », mais ne rien faire face aux mauvaises blagues sur les blondes et autres humours gras. Pas simple. Sauf pour le rapporteur PS à l'Assemblée nationale, le député Sébastien Denaja pour qui les intermédiaires sauront ignorer les contenus « visant à moquer simplement quelqu’un sur son sexe ou éventuellement son orientation sexuelle, même si par ailleurs on pourrait le regretter. Ce n’est pas une société de censure qui va s’instaurer après l’adoption de cet article 17. » (notre dossier et notre émission 14h42 montée avec Arrêt sur images).

 

Ce projet de loi a été l’occasion d’un symptomatique moment politique au sein de la majorité. On rappellera que Axelle Lemaire, l’actuelle ministre déléguée au Numérique était vent debout contre cet article 17 du projet de loi de Najat Vallaud-Belkacem. Dans un amendement déposé avec Christian Paul, celle qui était alors députée expliquait que « les hébergeurs ne sont pas en mesure de juger efficacement de la licéité des contenus – sachant que, de surcroît, le Conseil constitutionnel leur demande d’opérer un jugement manifeste et non pas certain. Tout cela s’étant fait dans l’opacité la plus totale, nous ne connaissons pas les critères utilisés par les intermédiaires. J’ajoute que les réticences que j’exprime sont également relayées par des organismes officiels tels que la CNIL ou le CNN (…) ». Elle avait finalement ravalé ses critiques alors que NVB lui promettait d’apporter des garanties dans le futur mais désormais très hypothétique projet de loi sur les libertés numériques.

 

Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 15:57

               Un interessant article de Slate, portant davantage sur la viralité de l'information que sur la persécution médiatique des femmes blondes, mais on ne va quand même pas bouder notre plaisir.

 

 

 

 

 

La théorie de l'information: comment les blondes sont devenues intelligentes en deux jours

 

 

 

 

Assister à la naissance d'une information virale est toujours un moment émouvant. Ce simple exemple en quelques étapes et deux journées montre à quel point la plus aride des études scientifiques peut devenir un succès de clics sur Internet –pourvu que le sujet s'y prête et qu'on maîtrise une autre science, celle de la titraille.

Ici, on passe d'une étude qui montre que les cheveux blonds sont le résultat d'un changement mineur de l'information contenue dans l'ADN par rapport aux cheveux bruns à la conclusion selon laquelle les blondes ne sont pas plus bêtes que les brunes. L'étude fonctionne médiatiquement parce que ses résultats parlent à tout le monde et qu'elle sert à remettre en cause des stéréotypes basés sur l'apparence physique. Mais on peut imaginer le même parcours fulgurant pour une étude aux conclusions plus controversées, comme ce fût le cas dernièrement autour des résultats contestés d'une étude de neurosciences sur les réactions observées par IRM chez des pédophiles regardant des photos d'enfants.

1.Publication scientifique avancée sur le site web de Nature Genetics, unerevue scientifique

 

 

 

Titre: «Une base moléculaire de la couleur blond classique chez les Européens»

 

2.Communiqué de presse del'université de Stanford, où travaille le chercheur qui a publié l'étude

Titre: «Des changements subtils d'ADN aux niveaux des protéines déterminent le fait d'avoir des nattes blondes ou brunes»

3.Publication dans Science Daily, site de compte-rendus de publications scientifiques, qui écrit son texte sur la base du communiqué de presse
4.Publication dans Science Mag, magazine scientifique grand public américain

Titre: «La génétique des cheveux blonds»

5.Publication sur Forbes, magazine grand public américain

Titre: «Une étude sur l'ADN fait voler en éclats le stéréotype de la “blonde stupide”»

C'est cet article qui le premier fait le bond interprétatif qui sera repris sur les autres sites d'actu. Les citations du professeur Kingsley, à l'origine de l'étude, sont reprises du communiqué de presse de Stanford. C'est le génie de la relation presse: susciter le titre et l'angle que choisiront les médias mais sans avoir l'air d'y toucher...

«Il est clair que ce changement de la couleur des cheveux a lieu à travers un mécanisme de régulation qui n'agit que sur les cheveux. Il ne s'agit pas de quelque chose qui affecte aussi d'autres traits, comme l'intelligence ou la personnalité. La blondeur n'est qu'une question de couleur.»

A vrai dire, l'étude elle-même ne cherchait pas à déterminer si les blonds étaient plus ou moins intelligents que les autres. La conclusion en est que le gène associé à la couleur des cheveux ne peut pas être jugé comme déterminant d'autres traits de personnalité (et même, qu'il n'est pas lié à d'autres traits physiques comme la couleur des yeux).

6.Publication sur le site de 20 Minutes

7.Publication sur Melty Campus

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 14:02

 

 

                      Trouvé, dans un polar ethnique  "Le vent sombre" de Tony Hillerman (édition française de 1986 chez Rivages/Noirs) qui se déroule dans une réserve navajo, une insistance tout à fait regrettable de l'auteur à assimiler blondeur et laideur morale, blondeur et atrocité (Sur ce sujet, cf. http://semeiologia.over-blog.fr/article-blond-goldstein-107334811.html. )

 

                   Le lecteur est immanquablement amené à identifier certains signes physiques, les cheveux clairs et les yeux clairs comme un signal de danger. Ce message est d'autant plus efficace et convaincant que les descriptions corporelles sont très rares tout au long du livre.

 

 

                                                      

 

             C'est ainsi que les trois "affreux" du livre, les figures du Mal qui tuent, pillent et torturent sont soit roux aux yeux clairs (p. 34), soit blond, yeux clairs et taches de rousseur (p.86), ou blond et garde du corps de trafiquant de drogue (p. 230). Les autres personnages, les gens normaux , sont d'origine amérindienne (yeux sombres - cheveux noirs), à l'exception d'un "blanc" (sans plus de précisions) , meurtrier prour venger son fils assassiné et torturé.

 

 

                Cette très efficace propagande fonctionne dans les deux sens : Il n'est pas évoqué de personnages blonds , moralement bon ou moralement neutre dans ce roman; il n'y est pas évoqué non plus de personnages amérindiens (Navajo ou hopis) fonciérement mauvais. L'esprit du lecteur est piégé, ce qui est bien naturel dans un roman se déroulant dans un reserve indienne, pour l'amener peu à peu à instituer à son insu un reflexe de défiance  et de répulsion envers les personnes blondes.

 

 

                                              

                Tony Hillerman serait-il raciste ? Il a pourtant un bonne tête !

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:35

                                    

                                   Excellent article, dont le ton léger voire badin, ne dissimule qu'en partie la gravité de certains de ses aspects, par exemple l'allergie de la gauche à la blondeur d'autant plus virulente qu'on se rapproche de la gauche extrême; ceci constituant bien un racisme particulièrement abject  (cf. les éructations raciales du sénateur-Président Mélenchon        http://semeiologia.over-blog.fr/article-melenchon-un-beauf-raciste-et-envahissant-116626985.html  ainsi que   http://semeiologia.over-blog.fr/article-melenchon-est-il-raciste-103169053.html

  

                                  A noter également la sous-représentation des hommes blonds à l'Assemblée , seulement 5 sur 487 députés alors qu'ils devraient être pour le moins une cinquantaine si un biais quelconque ne venait brouiller le jeu électoral.

 

 

 

 

 

L'AUTEUR Marika Mathieu est journaliste indépendante. Elle est l’auteure du livre La Droite forte: Année Zéro – Enquête sur les courants de la droite sans chef. En 2012, elle a co-écrit avec Denis Jeambar et Stéphanie Kaïm le documentaire François Hollande: Comment devenir président, diffusé sur France 3 le 7 mai 2012.

 

 

 

 

Peut-on être blond et faire de la politique (sans perdre ses cheveux)?
 

Les blondes ont la cote à droite. Les bruns sont bien vus à gauche. Mais pour les blonds, ça se passe comment?

 

N'avez-vous rien remarqué lors du dernier remaniement?

Un gouvernement pour toutes les sensibilités socialistes, pour la parité et la paix au centre, mais rien pour les blonds. Rien pour les «cheveux soleil».

 
 

Y a-t-il discrimination? Est-ce la raison du départ de Jean-Marc Ayrault? De Pascal Canfin? Du non-retrour d’Elisabeth Guigou?

Le cas «blonde de droite»: la facilité

Venons-en tout de suite au constat: la blondeur est beaucoup plus conflictuelle pour les hommes que pour les femmes. Quand celles-ci sont à droite, la mèche blonde semble même être une spécialité. Prenez l’organigramme de l’UMP. Pléthore de blondes! Valérie Pécresse, Michèle Tabarot, Nadine Morano, Catherine Vautrin, Valérie Debord... et tant d’autres. Mais pourquoi tant de blondes à droite tandis qu’à gauche, à part Barbara Pompili et Elisabeth Guigou... Parce que dans le fond, profondément, les blondes sont à droite.

Ce fut en tous cas le résultat de l’enquête menée par le magazine Causette en août 2010. Il indiquait que la proportion de blondes (naturelles et teintes confondues), au sein des instances dirigeantes des partis politiques était largement plus élevée au FN (50%) et à l’UMP (48%), qu’au PS (13%). Un sondage de l’Ifop commandé pour l’occasion confirmait cette tendance parmi l’électorat puisque 27% des blondes s’y révélaient de sensibilité de droite, contre 19% pour la gauche.

Deux explications accompagnaient cette enquête ébouriffante: une conception de la femme plus traditionnelle à droite et donc plus en accord avec l’image de la femme blonde un peu soumise, une autre associée à l’âge plus avancé de l’électorat de droite qui colle à l’augmentation du nombre de blondes avec le temps qui recouvre les cheveux blancs.

Mais pour un homme blond, de droite comme de gauche, l’ascension se révèle beaucoup plus difficile. Voire pénible et sujette au préjugé. Pourquoi? Comment font ceux qui s’en sortent? Le blond serait-il, plus qu’on ne le pense a priori, une couleur politique? Dans un moment où l’image et la communication prennent le pas sur le fond, le blond peut-il faire une différence dans la perception subjective d’une personnalité politique et de ses idées?

Pour être honnête, situons les blonds dans la société

Pourquoi si peu de blonds en haut du panier? Peut-être parce qu’il n’y en a pas plus en bas, il est vrai. La politique est affaire de représentation et, basiquement, la population française est plus brune que blonde. Aux dernières nouvelles qui tentent de discerner les vrais des faux blonds, on estime qu’environ seuls 10% de la population sont vraiment blonds.

Cela pourrait donc donner un politique blond pour neuf châtains et/ou gris et/ou blanc et/ou roux. 33% des femmes se disent par contre «blondes», ce qui vous laissent envisager la part de faux dans tout ça et le risque au niveau politique (notamment à droite).

Le blond devrait cependant s’afficher à hauteur de 1/10 de la représentation nationale, or, il n’en est rien. Les blonds sont sept à l’Assemblée depuis le retour de Jean-Marc Ayrault et Guillaume Garot. Sur 487 hommes. C’est affligeant au point qu’on peut même les nommer, les pauvres, ils méritent bien un peu d’affection.

Big up pour Dominique Tian (Bouches-du-Rhône, UMP), Jean-Luc Bleunven (Finistère, Divers gauche), Marc-Philippe Daubresse (Nord, UMP), Armand Jung (Bas-Rhin, PS) et Dominique Lefebvre (Val d’Oise, PS) qui attendent toujours le renfort de 41 blonds pour faire bonne figure dans l’hémicycle.

Et dans l’histoire

Peut-être le blond souffre-t-il de sa douloureuse histoire en France. Il ne s’est pas fait une place dans nos contrées sans difficulté (sauf en Normandie). En partant du sud, dans l'Antiquité, même si les dieux et déesses de l'Olympe étaient blonds, les auteurs latins tels que Properce, Stace, Ovide, Martial ou Juvénal se moquaient pas mal des Romaines qui se faisaient des mèches grâce à des potions décolorantes. Ce n’était pas tendance et les Romains le voyaient bien.

Plus qu’un signe divin, le blond est d’abord apparu comme signe de guerre. Le blond, c’était la tête qu’il ne faisait pas bon croiser, l’homme du Nord qui venait s’en prendre aux belles brunes du Sud: d’abord les Vandales, peuplade de Germanie installée dans le sud de l'Espagne au Ve siècle et dont on imagine la blondeur ravageuse vue l’acceptation actuelle du terme «vandale».

Il y eut aussi les Ostrogoths dont le nom peut aussi servir d’insulte, en tous cas chez les historiens, et les Allemands pendant longtemps encore.

L’apparition du mot lui-même, «blond», suit cette ligne défensive face aux invasions successives. Les Romains lancent un blunda en latin tardif pour décrire leurs ennemis puis alliés puis ennemis germains. Le premier blond français s'écrit semble-t-il blund en 1080, lorsque le provençal écrit blon. Le mot blond ne s’utilise pas avant le XIe siècle. A partir de là, le mot ne se décline toujours pas pour faire honneur: blondin (un homme qui fait le beau), blonderie (plaisanterie), blondasse (1755)...

De là, envisageons la perception du «blund» minoritaire et fils de Vandales sur l’échiquier politique.

La gauche: sectaire capillaire?

Dans la vieille cité provençale de Bollène, le 15 juin 2012, un cri retentit dans La Provence:

«Une honte pour notre ville et pour tous les enfants issus de l’immigration dont les parents sont venus construire le canal ou la centrale de Tricastin.»

C’est ainsi que Serge Fiori, représentant du PCF et du Front de Gauche bollénois décrit une petite blondinette en photo sur le plan de la ville édité par le conseil municipal. Une blondeur de mauvaise mémoire, capable de masquer la diversité ethnique de la région.

Cette remarque de Serge Fiori, aussi anecdotique soit-elle, a le mérite de soulever une contre-vérité, un préjugé et un comble.

  • Le comble est de s’en prendre à la blondeur enfantine quand celle-ci a toute les chances de passer grâce à la pollution et aux hormones qui finiront par faire de cette enfant une brunette comme 50% de ses contemporaines de 2025.
  • Un préjugé: le blond reste associé à une symbolique eugéniste qui exalte la pureté au mépris du métissage.
  • Enfin une contre-vérité, puisque l’étranger d’origine en Provence est un blond, et sa photo en haut de dépliant de la mairie pourrait très bien faire office de manifeste pour l’intégration.

Mais nous voyons l’idée: le blond peut encore susciter une réaction épidermique quand il est érigé en symbole. La gauche, dans sa conviction de devoir porter le développement d’une société ouverte et métissée, peut très bien se sentir mal à l’aise derrière la photo d’une blondeur un peu trop «d’origine». C’est dire la défiance tacite qui peut agiter l’imaginaire à la vue d’un homme politique blond en position de pouvoir, donc de symbole.

Est-ce le blond qui affadit l’homme? Ou est-ce l’homme qui affadit son blond? Vaste problème... Joanna Pitman, auteure d’une histoire des Blondes (Les blondes, une drôle d'histoire, d'Aphrodite à Madonna, Autrement, 2005), l’a remarqué d’emblée en s’attaquant au sujet. Dans une interview à l’Express, elle déclare:

«A l'origine, je voulais écrire sur les hommes et sur les femmes, mais j'ai réalisé qu'il y avait beaucoup moins de matière, pas de véritable enjeu et très peu d'histoires sur les hommes blonds: ce n'est pas une différence très importante entre eux, et elle n'a pas de grandes conséquences.»

Le blond sans histoire, sans saveur: un véritable obstacle sur la scène existentielle du politico-médiatique.

1. Le blanc qui cache le blond: le cas Jean-Marc Ayrault

Variante: Julian Assange

Jean-Marc Ayrault, après la passation de pouvoirs à Matignon, le 16 mai 2012. REUTERS/Regis Duvignau

D’ailleurs, que devient un blond quand il prend la tête de la gauche? Il devient blanc. Au départ, Jean-Marc Ayrault était professeur d’allemand et blond. A la fin, il est Premier ministre et blanc. Et il retourne à Nantes.

François Hollande aussi a des cheveux blancs. Mais lui (comme beaucoup d’autres François), il continue à les teindre en brun. Il est fier de sa couleur de cheveux. Elle est virile, elle fait jeune, pas «blondin» ni «blondasse» comme risque toujours de paraître un blond. Jean-Marc Ayrault vieillissant fut sans doute très content de passer mine de rien au blanc. Pas de remarque, il s’est sauvé de sa blonderie.

Mais à y regarder de plus près, Jean-Marc Ayrault ne fut peut-être exempt d’un autre préjugé associé à la blondeur masculine: celui de la mollesse. Car si le blond-fier-de-l’être a des airs aryens qui déplaisent à la gauche, il débouche sur le «blond-profil-bas» qui donne envie de lui tendre un porte-voix quand il s’adresse à son voisin.

2. Le blond qui manque d’autorité: le cas Pascal Canfin

Variante: Enguerrand Delannoy, co-fondateur de la Boîte à Idées, courant qui voudrait refonder l’UMP pour lui donner du sens ou Patrick Puydebat, alias Nicolas dans Hélène et les Garçons.

Pascal Canfin se rend à la session inaugurale du Parlement de Strasbourg le 13 juillet 2009 AFP PHOTO FREDERICK FLO

C’est le blond invisible. Le blond qui disparaît dès qu’il y a un peu givre sur les vitres. Il est pourtant juste là, en face de nous. Elève appliqué, engagé, au fait de son sujet. Mais on ne le voit pas. Il n’est pas bête ni en manque d’ambition, il a écrit des bouquins, il est ministre avant ses 40 ans, il pourrait avoir la tête du nouveau monde, mais il est blond (vénitien). Et ça, c’est la poisse. Il voit courir Benoît Hamon, ce brun qui n’a rien à faire pour avoir l’air coriace, il voit passer Vincent Peillon, ce châtain plein de dédain qui n’a même pas à s’en excuser (enfin un peu quand même au final), mais rien n’y fait. Il est vert, certes, mais surtout blond. A un cheveu de la reconnaissance, il s’effondre.

C’est donc le cas Pascal Canfin, «véritable expert économique», «excellent député européen», convaincu et capable de batailler sur des dossiers sensibles. Dans un rapport qu'il a porté au Parlement européen, il a obtenu l'interdiction de la spéculation sur la dette souveraine et la limitation de la vente à découvert.

N’est-ce pas un exploit digne de Siegfried? Peut-être, mais rien ne vaut l’épreuve de l’existence sur le terrain médiatique. La bravoure ne fait pas la «figure» politique. Elle achoppe sur la dimension physique et charnelle du blond qui l’aspire dans son gouffre fade. Cherchez les portraits, les interviews, les aspérités du parcours de Pascal Canfin: vous n’en trouverez pas, ou si peu. Il est passé par ici, on le retrouvera peut-être là, mais entre deux, le cheveu couvre sa langue.

3. Le blond trop beau gosse: le cas Denis Payre

Variante: Brad Pitt

Autre écueil qui suit de peu celui du blond fade: le blond trop beau. Prenez Denis Payre, entrepreneur et fondateur en décembre dernier du mouvement baptisé «Nous citoyens». Voyez comment Le Monde le présente dans son édition du 2 décembre 2013 sous le titre «Denis Payre, blond en affaires, bleu en politique»:

«Mais que vient-il faire dans cette galère? Il est riche, beau garçon, il a à peine 50 ans, en paraît dix de moins et vole de succès en succès dans ses affaires. Et pourtant Denis Payre a décidé de quitter le ring balisé du business pour celui plus incertain de la politique. Œil bleu, mèche blonde, costume sage et chemise ouverte, le voilà qui écume la province française, convoque les médias et se frotte aux bêtes politiques.»

Sans que le portrait manque d’éloges sur le fond, il se termine par la figure du «gendre idéal» confronté à un monde de brutes politiques conçu comme bien pire que celui des businessmen. Mais Denis, pourquoi t’y vas?

Renversons la question: pourquoi Denis «le gendre idéal» n’aurait rien à faire «dans cette galère»? Car il a bien le profil. La politique regorge de surdiplômés plein d’ambition et à l’avenir croqué d’avance. Avoir de l’argent, comme Borloo en son temps, c’est l’idéal pour qui rêve de subventionner une «alternative».

Par contre, la politique, c’est aussi le Pôle emploi des petits bruns en mal de séduction. Ils y pointent dès leur plus jeune âge et se nourrissent de chaque élection comme d’un élixir à la pomme d’amour. Des blonds aux yeux bleus, (à part Jean-Marie Le Pen et on remarquera qu’il n’avait pas grande envie d’être élu), il n’y en a pas.

Denis Payre fait dans le cumul: des diplômes, de l’argent, de l’ambition et un physique de beau gosse par excellence. Points 1, 2, 3, on comprend. Pour le 4: on s’interroge. Il est déjà beau. Il séduit déjà. Pourquoi se battre et prendre des coups quand on a déjà tout? Pourquoi «désirer» l’élection?

Le blond type Viking-tranquille a l’art de déstabiliser notre vision revancharde et un brin archaïque du combat politique. Sans doute pour réussir devra-t-il se salir un peu, exhiber ses failles, sa peur du vide, du gluten... ce genre de choses.

4. Le blond américain: le cas Geoffroy Didier

Variante: Jean Sarkozy

Allo, Mickael Douglas? Non, c’est pas possible. Voilà le problème du blond qui vient du beau gosse mais qui, trop veule et trop fringuant, se prend les pieds dans la caricature du blond-qui-se-la pète.

Ce blond américain a le marketing politique dans la peau, il n’a aucune limite, persuadé de pouvoir se faire une place comme le vers dans le fruit mûr. Il est bien-né, bien préparé, bien mis, il adore la télé et les mots jaillissent de lui comme d’une bouche d’incendie pétée en pleine rue. Ses idées changent avec l’air du temps, mais son cran d’un blond ardant ne craint rien moins que le vent.

Ce qu’il attend: un plébiscite dans un monde peuplé de mamies. En attendant, il fera peut-être du cinéma.

5. Le blond qui met mal à l’aise: le cas Brice Hortefeux

Variantes: Jean-Marie Le Pen, Geert Wilders

Brice Hortefeux à l'Elysée en mai 2010. REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

Blond, ancien ministre de l’Intérieur, défenseur des Auvergnats et de la carte d’identité... Sans avoir à en dire plus, en colorimétrie capillo-politique, on atteint le point Godwin. Peut-être une des raisons de son parcours finalement peu reconnu dans les urnes.

Dans le cas Geert Wilders, leader du PVV (parti de la droite populiste néerlandaise) aux allures de chevalier peroxydé un peu maboule, on voit tout de suite qu’un pays plus blond que le nôtre a moins de chance d’en déceler le potentiel malfaisant. Pourtant, ça se voit.

6. Le blond «cash and trash»: le cas Boris Johnson

Variante: Daniel Cohn-Bendit en plus roux

Boris Johnson dans le métro de Pékin, le 15 octobre 2013. REUTERS/China Daily

C’est rare, mais parfois le blond fait mouche. Pour y parvenir, Il lui faut alors casser tous ses stéréotypes, du mou, du beau gosse, du viking et du nazi. De Madonna à Jean-Paul Gaultier, en passant par Bowie et Andy Warhol, il y a un blond fou, cash et trash qui donne un air de star déjantée et hyper populaire, même à un homme conservateur.

C’est le cas de Boris Johnson, le maire de Londres. En campagne, en 2001, il avait lancé:

«Votez conservateur, votre femme aura de gros seins

Le blond pas chic, c’est choc. Les sondages le placent loin devant tous ses concurrents, on veut passer Noël avec lui et s’il était candidat à la place de David Cameron en 2015, il ferait gagner cinq points à son camp. Succès sur toute sa raie qui part en vrille, mais difficulté à imaginer son équivalent français (Jean-Claude Gaudin avec des cheveux? Mais Marseille ne voudra jamais d’un blond... quoi qu’il y a déjà Dominique Tian).

7. Le blond transformiste: l’option «perruque blonde»

Enfin pour finir, évoquons ce qui se développe comme une option «perruque blonde» pour quelques hommes politiques en mal de pop-hilarité. Sur I-Télé en avril 2012, Louis Aliot raillait la danse du ventre de Nicolas Sarkozy pour les électeurs du Front national en lui offrant de lui faire livrer «une perruque blonde», «parce que manifestement il aura la panoplie complète pour aborder ce deuxième tour». Louis Aliot et Jacques Dessange: même combat.

Marika Mathieu

 

 

 

 

 

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