Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
Voici un extrait de l'article :
Surnommée «la peste blonde», Steinbach fait l'unanimité contre elle en Pologne, où elle est caricaturée en fille de Hitler. La très conservatrice députée CDU, qui s'est faite la porte-parole des 12 millions d'Allemands expulsés de l'est du territoire du IIIe Reich par l'Armée rouge, y est accusée de vouloir relativiser les souffrances dues au nazisme. Fin février, le premier ministre polonais, Donald Tusk, avait fait savoir que la candidature de Steinbach était «inacceptable pour la Pologne», estimant que sa nomination «heurterait les sensibilités polonaises quant à la vérité» sur la période 1939-1945. Steinbach est honnie en Pologne depuis qu'en 1990, année de la réunification, elle a choisi, avec une poignée d'autres députés conservateurs, de voter contre le tracé de la ligne Oder-Neisse qui allait sceller la normalisation de l'Allemagne vis-à-vis de ses voisins de l'Est." (...)
Serge Dassault (Propriétaire du Figaro) est-il un raciste anti-blondes ?
Cet article du Figaro, journal qui on doit le souligner, fait preuve d'une redoutable constance à construire des préjugés négatifs contre les femmes blondes, est à rapprocher également du titre d'un journal situé à l'opposé du spectre éditorial du Figaro, le magazine "Causeur".
La peste blonde ! C’est le titre du prochain numéro de Causeur, dont le dossier sera consacré à qui vous avez deviné. Dossier dans lequel Marine Le Pen est interviewée, sur quatre pages, dans le plus pur style de la maison par Cyril Bennasar, Daoud Boughezala, Muriel Gremillet, Isabelle Marchandier et, bien sûr, Elisabeth Lévy. Ambiance garantie !"
On relévera que ce titre est un amorçage de stéréotype assez rudimentaire, puisque l'allusion à "peste brune", qui signifie nazisme dans la doxa journalistique, renvoie clairement aux accusations de fascisme et de racisme portées à l'encontre de Mme Le Pen. Le journaliste ne déclare donc pas explicitement que cette candidate est nazie, mais le suggére implicitement. Le clin d'oeil est, n'en doutons pas, parfaitement compris par ses lecteurs.
Il n'en reste pas moins que là aussi, comme dans le Figaro, il s'agit d'un critére physique utilisé pour stigmatiser telle ou telle personne. Incontestablement, il s'agit d'une discrimination raciale assez abjecte.
On reléve également,
toujours dans Causeur, un article d'Elisabeth Lévy, intitulé :
Nous n'analyserons pas le corps du texte, qui semble écrit entre deux stations dans le métro à une heure de pointe; simplement, pour ce qui est du titre, imaginerait-on le même traitement reservé à d'autres personnalités ?
Ainsi, pour Madame Rama Yade, " Les jeunes préférent la crépue " ?
Ainsi, pour François Hollande, "Les jeunes préférent le chauve avec des implants" ?
Ainsi, pour Nicolas sarkozy, "Les jeunes préférent le châtain ondulé" ?
Ainsi, pour Elisabeth Lévy "Les jeunes préférent la brune frisée" ?
La brune frisée dénonce la peste blonde
Nous constatons que ce traitement, somme toute assez dépréciatif, est reservé à une minuscule minorité dans ce pays, et qu'il appartient pleinement au registre des stéréotypes raciaux.