Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
Carrie est le tout premier roman de Stephen King, paru en 1974, et qui a connu un immense succès, à la fois en tant que livre et en tant que film ;( cf. également http://semeiologia.over-blog.fr/2014/01/stephen-king-est-il-raciste.html ) Cet ouvrage raconte la persécution d'une gamine qui se venge avec ses pouvoirs paranormaux, et trouve ensuite la mort.
La plupart des acusations recensées contre les minorités persécutées au cours de l'histoire humaine sont ici réunies contre l'héroïne : Carrie est dotée de pouvoirs paranormaux, donc suprahumaine; elle est différente des autres, isolée, en butte à une hostilité grandissante de ses camarades; capable, puis coupable de crimes affreux tels que le matricide ou le meurtre de masse; le seul contact avec elle est dangereux, voire mortel; comme tous bons pharmakos, elle sera couronnée avant d'être exécutée, assassinée par sa propre mére. Nul doute que si celle-ci n'avait pas débarrassé la société de sa fille, une foule en émeute aurait fait prompte justice de ce monstre.
Fort heureusement pour les gens normaux, Carrie porte un signe physique aisément reconnaissable sur lequel le narrateur insiste longuement et à plusieurs reprises : Il s'agit de la blondeur. La mise en avant de ce détail est d'autant plus frappante qu'il y a peu de descriptions corporelles dans ce roman, si ce n'est des descriptions rapides et conventionnelles, telles qu'un policier grand et corpulent. Certes, un personnage secondaire, Madame Desjardin, est également blonde mais, dans ce cas, il s'agit d'une très bréve allusion sans conséquence sur le caractére "normal" de ce personnage.
En définitive, la blondeur devient un signal de danger, un indice de mort et de désolation; elle permet au commun des mortels d'identifier aisément la "femme-monstre", ainsi que l'enfant héritière de sa malédiction. Par sa proximité continuelle et répétitive avec les stigmates du pharmakos, la blondeur devient pour ainsi dire consubstantielle à son caractére monstrueux : La blonde est vraiment un monstre !

Décidément, les blondes ne sont vraiment pas comme nous ! Beurk !