Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
Trouvé, dans un polar ethnique "Le vent sombre" de Tony Hillerman (édition française de 1986 chez Rivages/Noirs) qui se déroule dans une réserve navajo, une insistance tout à fait regrettable de l'auteur à assimiler blondeur et laideur morale, blondeur et atrocité (Sur ce sujet, cf. http://semeiologia.over-blog.fr/article-blond-goldstein-107334811.html. )
Le lecteur est immanquablement amené à identifier certains signes physiques, les cheveux clairs et les yeux clairs comme un signal de danger. Ce message est d'autant plus efficace et convaincant que les descriptions corporelles sont très rares tout au long du livre.

C'est ainsi que les trois "affreux" du livre, les figures du Mal qui tuent, pillent et torturent sont soit roux aux yeux clairs (p. 34), soit blond, yeux clairs et taches de rousseur (p.86), ou blond et garde du corps de trafiquant de drogue (p. 230). Les autres personnages, les gens normaux , sont d'origine amérindienne (yeux sombres - cheveux noirs), à l'exception d'un "blanc" (sans plus de précisions) , meurtrier prour venger son fils assassiné et torturé.
Cette très efficace propagande fonctionne dans les deux sens : Il n'est pas évoqué de personnages blonds , moralement bon ou moralement neutre dans ce roman; il n'y est pas évoqué non plus de personnages amérindiens (Navajo ou hopis) fonciérement mauvais. L'esprit du lecteur est piégé, ce qui est bien naturel dans un roman se déroulant dans un reserve indienne, pour l'amener peu à peu à instituer à son insu un reflexe de défiance et de répulsion envers les personnes blondes.

Tony Hillerman serait-il raciste ? Il a pourtant un bonne tête !