Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
La propagande raciale est subtile, incessante; la diversité de ses moyens est imparable, sa puissance inouïe. Le système médiatique conditionne nuit et jour ses sujets car la Matrice ne dort jamais, elle ne connaît pas le repos.
C'est ainsi que l'article ci-dessous fait un parallèle particuliérement significatif entre deux douaniers, l'un blond l'autre africain.
Le douanier blond est :" ventru, impassible , méfiant, tatillon et renvoie le malheureux voyageur sur des policiers harnachés comme des Royal Marines en expédition (...)" Tout ça ne donne vraiment pas envie !
Par contre, le douanier "noir", lui, est un vrai régal : " d'une très grande beauté, , sourire sincère, lumineux, avec une grande gentillesse, extraordinaire détente, geste d'accueil très élégant, etc ... etc...."
Le lecteur lambda qui n'a toujours pas imprimé que "blond = beurk" est vraiment irrécupérable; peut-être un petit séjour dans un camp lui remettrait les idées en place ? On pourrait commencer par un stage de citoyenneté ?

Alexis Jenni
Les blogs
Alexis Jenni écrivain, Prix Goncourt 2011
Créé le 19/12/2013
La Grande-Bretagne entrouvre sa porte comme une vieille dame méfiante chez qui on a toqué, elle met du temps, fait cliqueter les verrous, et par l’embrasure la plus étroite possible on ne voit que son œil inquiet qui scrute, un seul sourcil froncé, et en travers de son front brille la chaîne qui maintient tout bien fermé. N’entre pas qui veut, et dans l’un des aéroports de Londres nous étions des centaines à attendre le déroulement des contrôles, masse informe de voyageurs avançant pas à pas, traînant nos bagages, et au-dessus de nous, pendus au plafond, des écriteaux indiquaient que les contrôles pourraient prendre un peu de temps ; un tel sens de l’understatement démontrait que nous étions bien dans le pays où nous voulions aller ; mais nous n’y étions pas encore. Dans ce monde que l’on croit mondialisé, les frontières sont là, étanches, tendues, sensibles.
Le préposé aux contrôles vers lequel nous avancions, à un train d’escargot cacochyme reprenant son souffle tous les demi-pas, semblait un colossal Écossais, barbu et ventru, d’un blond illuminé d’une touche de roux, l’œil bleu efficace. Impassible, mais méfiant, il prenait la pièce d’identité du quémandeur, examinait toutes les pages, cherchait les tampons, observait la photo avec soin, levait le passeport à hauteur d’œil, et pendant un temps, comparait la photo et le visage. Cela durait.
Ensuite, l’impétrant pouvait franchir le portillon qui marquait la frontière effective des terres de Sa Majesté. Des policiers harnachés comme des Royal Marines en expédition outre-mer patrouillaient derrière, renvoyant au pur racontar la figure du bobby affable, sans armes, signalé d’un casque cloche en carton, dans la rue pour renseigner les touristes et ramener doucement mais fermement les ivrognes chez eux. Ici la frontière était fortifiée, et on contrôlait tous les détails. À ce train-là en effet, cela pouvait prendre un peu de temps.
La file d’à côté, que j’eus le temps d’observer, était contrôlée par un préposé aux frontières d’un tout autre type. Celui-là était noir, d’une très grande beauté, caribéen sans doute, mais au fond je n’en sais rien. Il souriait aux gens, d’un sourire sincère et affable. La chose est assez étrange pour que je m’y attarde. Il avait un sourire lumineux, et s’adressait avec une grande gentillesse à ceux qu’il contrôlait, et ceux-là, d’abord surpris, répondaient, et souriaient aussi. Je n’entendais pas ce qu’ils échangeaient, mais une extraordinaire détente émanait de cette file, et la crispation qui régnait dans la zone d’attente surpeuplée avait autour de cet homme complètement disparu.
Quand celui qu’il avait contrôlé passait le portillon pour entrer en Grande-Bretagne, il le saluait avec encore un sourire, lui disait quelque chose que je n’entendais pas, et celui qui avait été contrôlé se retournait, se retenait d’agiter la main comme pour un dernier au revoir. Puis, avec un nouveau sourire, tout neuf, fait pour eux, il appelait les suivants d’un geste d’accueil très élégant ; et ceux-là lui présentaient sans réticence leurs pièces d’identité. De toute ma vie je n’avais jamais vu garder une frontière avec une telle gentillesse sensible. Cela vaut bien que l’on en garde trace.