Analyse du mépris contemporain pour les femmes blondes Analyse des causes et des effets dans les médias
Une nouvelle fois, le responsable de la rubrique "Blagues mail" de la Dépêche du midi essaie péniblement d'amuser ses lecteurs avec des plaisanteries indignes (cf ci-dessous); la lourdeur du propos n'empêche pas la haine et la cupidité de suinter. En effet, le sujet est rémunéré pour publier ces insultes faites aux femmes.
On voit ici que la blonde fantasmée par le sujet obéit avec empressement à un ordre stupide; le guichetier lui ordonne de "dire jon" et elle dit jon. Il s'agit donc d'une femme stupide et soumise, que le premier venu peut commander. En fait, une femme facile. Le fantasme sexuel est proche, très proche et on peut le rapprocher intuitivement de la premiére page de google.fr en tapant "femmes blondes", où immédiatement la pornographie s'étale et les insultes pleuvent. Le lecteur pourrait également relever que le terme "jonc" est synonyme de :"Baguette,tige", qui sont connotés sexuellement comme équivalent de la verge masculine. Le concepteur de la blague a réussi à "mettre en bouche" de la blonde "jon, ou jonc". Pour un individu aussi immature, c'est déja une magnifique victoire lexicale, les prémisses émoustillantes d'un possible contact sexuel.
Le responsable de cette rubrique, manifestement, a de grosses difficultés avec les femmes; il est très vraisemblablement divorcé, après une procédure douloureuse et un patrimoine réduit à néant. Sa propre femme est partie avec quelqu'un de plus équilibré, et il le fera payer chérement à toutes les autres femmes.
Enfin, on notera que dans la représentation fantasmée du sujet, qui est le plus souvent le miroir de nos envies et de nos peurs, le guichetier ordonne et il est obéi; le fait qu'il apparaisse sous l'appellation "la femme" est une tentative ratée pour brouiller les pistes de ces "blagues", éminemment sexistes. Cette dissimulation maladroite n'est peut être pas sans lien avec une homosexualité refoulée du sujet, pour le moins un double jeu structurel à l'oeuvre dans une personnalité éclatée. Dans tous les cas, on retrouve dans cette autorité indiscutée la toute puissance du nourrisson, qui régit sa mére au premier pleur. La nostalgie de la toute puissance du bébé apparaît clairement ici, avec toutes les souffrances liées à l'apprentissage de la propreté, où le sujet a perdu son pouvoir et, corrélativement, l'amour inconditionnel de sa mére.